Les causes des ruptures de contrats d’alternance : décryptage du Dares Analyse n°63

L’alternance est une voie privilégiée pour de nombreux jeunes souhaitant s’insérer rapidement sur le marché du travail. Cependant, tous les contrats d’alternance n’aboutissent pas à leur terme. Selon une étude de la DARES de 2024, environ 36 % des apprentis engagés dans une formation de niveau CAP à bac+2 en 2018 ont rompu au moins un contrat au cours de la première année et demie de leur apprentissage.
Comprendre les raisons de ces ruptures est essentiel pour améliorer le dispositif de l’alternance et assurer une meilleure réussite des parcours.
Les facteurs influençant la rupture des contrats d’apprentissage
Plusieurs éléments peuvent avoir un impact sur une rupture de contrat :
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Niveau de formation : la fréquence des ruptures diminue à mesure que le niveau de formation s’élève. Ainsi, 42 % des apprentis préparant un CAP ont connu une rupture, contre 27 % pour ceux visant un diplôme de niveau bac+2.
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Taille de l’entreprise : les petites structures sont plus concernées par les ruptures. En effet, 43 % des contrats au sein d’entreprises de moins de 5 salariés sont rompus, contre 19 % dans celles comptant 250 salariés ou plus.
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Accompagnement familial : un soutien parental actif réduit sensiblement le risque de rupture, mettant en lumière l’importance de l’environnement familial dans la réussite de l’apprentissage.
Les motifs de rupture les plus courants
Les difficultés rencontrées en entreprise : un facteur majeur
65 % des apprentis ayant rompu leur contrat entre mi-2019 et mars 2020 évoquent des problèmes avec l’employeur ou le poste occupé. Il s’agit du motif le plus fréquemment cité, qu’il s’agisse :
- d’une mésentente avec l’encadrement ou les collègues ;
- de missions jugées inadaptées aux compétences et au diplôme préparé ;
- de conditions de travail jugées insatisfaisantes (charge de travail, reconnaissance, intérêt des tâches) ;
- d’un manque de suivi et d’accompagnement par l’entreprise.
Les chiffres montrent que ces tensions en entreprise augmentent significativement le risque de rupture : les jeunes insatisfaits de l’ambiance de travail ont 187 % plus de risques de rompre leur contrat. Lorsqu’un apprenti ne se sent pas soutenu ou encadré dans son environnement professionnel, il est plus enclin à abandonner son poste ou à chercher un autre employeur.
Un désintérêt pour le métier préparé
25 % des apprentis en rupture déclarent avoir perdu l’intérêt pour leur métier en cours de formation. Ce manque de motivation peut découler d’une mauvaise orientation initiale, d’un écart entre leurs attentes et la réalité du terrain, ou encore d’un manque d’évolution dans leurs tâches quotidiennes.
Les apprentis qui ne trouvent ni soutien auprès de leurs enseignants, ni aide de leur CFA pour résoudre leurs difficultés en entreprise sont également plus exposés à une rupture définitive, sans reprise d’un nouveau contrat.
La rémunération et la stabilité de l’emploi en question
Si l’apprentissage permet d’acquérir de l’expérience tout en étant rémunéré, 9 % des apprentis ayant rompu leur contrat ont invoqué un souhait d’accéder à un meilleur contrat ou à une meilleure rémunération. Cette quête de meilleures conditions financières peut les pousser à quitter prématurément leur poste pour rejoindre un autre employeur, voire pour se tourner vers une autre voie professionnelle.
Les contraintes extérieures : transport, logement, santé
Enfin, 18 % des jeunes évoquent d’autres raisons personnelles, telles que des problèmes de logement, de transport ou de santé. Par exemple, les apprentis insatisfaits de la durée de leurs trajets ont 44 % plus de risques de rompre leur contrat. L’accès difficile au lieu de travail peut donc jouer un rôle déterminant dans la continuité du parcours.
Moments propices aux ruptures et perspectives des apprentis
Les ruptures peuvent survenir à différents stades du contrat :
- En début de contrat : certains apprentis réalisent rapidement que le métier ou l’entreprise ne correspondent pas à leurs attentes.
- En milieu de parcours : des désaccords, des conditions de travail insatisfaisantes ou une réorientation professionnelle peuvent motiver une rupture.
Il est important de noter que la rupture d’un contrat d’apprentissage ne signifie pas toujours un abandon de la formation. Certains jeunes signent un nouveau contrat avec un autre employeur pour poursuivre la même formation ou en commencer une nouvelle. Ainsi, 27 % des apprentis ayant rompu leur contrat sont restés chez leur employeur, ont trouvé un emploi ou sont en recherche d’emploi dans le métier auquel ils se préparaient.
Un enjeu clé : prévenir et anticiper les ruptures
La rupture d’un contrat d’alternance résulte de multiples facteurs, qu’ils soient liés au niveau de formation, à la taille de l’entreprise, aux conditions de travail ou à l’accompagnement familial.
Face à ces multiples causes de rupture, il est essentiel que les entreprises, les CFA et les organismes de formation mettent en place des actions préventives. Un accompagnement renforcé, une meilleure intégration en entreprise et un suivi pédagogique structuré sont autant de leviers pour sécuriser les parcours en alternance et favoriser la réussite des apprentis.
Source : Quelles causes aux ruptures des contrats d’apprentissage? – DARES ANALYSES N°63 – 2024
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